"J'ai mis 10 000 €, j'en ai 12 000 € aujourd'hui, donc j'ai fait 20 %." Ce calcul est faux dès qu'il y a eu des versements en cours de route, et c'est presque toujours le cas. Voici pourquoi, et ce qu'il faut calculer à la place.
Diviser le gain par le capital de départ ne fonctionne que si tout l'argent a été versé en une seule fois, au tout début. Dès qu'on ajoute 200 € par mois sur une assurance-vie ou un PEA, chaque versement a eu moins de temps pour fructifier que le premier, et ce calcul simple mélange tout : il ne dit plus rien de la performance réelle du placement.
Le taux de rendement interne (TRI) répond à une question précise : "à quel taux d'intérêt constant aurait-il fallu placer chaque versement, à la date exacte où il a eu lieu, pour arriver au même résultat final ?" Il tient compte du montant ET de la date de chaque mouvement (versements, retraits, valeur finale), ce qu'un simple pourcentage de gain ne fait jamais.
Versements : 5 000 € au départ, puis 200 €/mois pendant 3 ans.
Total versé : 12 200 €. Valeur actuelle : 13 500 €.
Le calcul naïf donne (13 500 - 12 200) / 12 200 = 10,7 % de "gain", sur 3 ans, ce qui ne veut déjà pas dire grand-chose en soi. Le TRI, lui, exprime un taux annuel comparable directement à un livret ou une autre allocation, en tenant compte du fait que les 200 € versés le mois dernier n'ont pas eu le temps de produire un rendement, contrairement aux 5 000 € du départ.
Le calcul du TRI existe bien comme fonction dans les tableurs (souvent nommée TRI ou XIRR), mais il demande une ligne par mouvement avec sa date exacte, tenue à jour à chaque versement, sur chaque actif séparément. Faisable pour un placement, plus fastidieux dès qu'il y en a plusieurs à suivre en parallèle : c'est le genre de calcul qu'on fait une fois avec soin, puis qu'on laisse de côté faute de temps pour le refaire régulièrement.
Suivi de patrimoine calcule le TRI de chaque actif automatiquement, à partir de l'historique de vos versements.
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